Paris-Gaza

Journal de bord n°15

28 octobre 2012

 

J'ai traversé la Serbie d'une traite. Encore un changement de température étonnant, il a fait froid toute la journée, 6°, puis très doux en fin de parcours. Et suis arrivé à Sofia, capitale de la Bulgarie vers 17h30, la nuit déjà tombée, aidée par des nuages noirs, lourds, et bas. J'escomptais dormir en Turquie mais des policier bulgares et zélés ont joué de la sirène, à l'américaine, pour me faire garer sur le côté, et me montrer le dysfonctionnement total de mes feux arrières. J'ai évité la prune en jurant que je m’arrêtais au prochain hôtel, ce qu'ils ont accepté, et vérifié, en m'escortant.

Les palestiniens, et les autres , doivent savoir une chose. Le mot Palestine vaut laisser-passer auprès des douanes. Dés que j'explique l'objet de mon voyage, les visages fermés des douaniers s'éclaircissent, la fouille devient formalité, voir nulle, et je passe avec des « good luck ». Oui, les peuples sont avec la Palestine ! Combien sont-ils à haïr la Palestine ? Quelques corrompus pas plus… les gouvernants, c'est vrai, mais une poignée tout de même…Oui, les peuples du monde sont avec vous !

Les douanes bosniaques, serbes ou bulgares, peuples qui se chamaillent et se font la guerre, ont toutes eues la même attitude. Quant à la Bulgare, alors qu'une file de deux kilomètres de poids lourds attendait patiemment les contrôles drastiques, alors que les voitures, heureusement moins nombreuses, une dizaine, étaient toutes coffres et portières ouvertes, dont une vidée de son contenu sur le sol, je suis passé en deux minutes chrono ! Je ne comprenais rien, comme d'habitude, à ce que disaient les douaniers entre eux, seulement qu'ils répétaient en boucle « Palestine, Palestine, Palestine… » regardant presque fièrement mon véhicule filer… je n'en revenais pas et les saluais à la militaire, salut qu'ils me rendirent. Chapeau les mecs !

Certes oui, les peuples ne sont pas dupes !

Le Bulgare semble différent d'état d'esprit du « Balkan », une sorte d'asiatique d'Europe, au point que pour dire oui, ils tintinabulent de la tête comme les srilankais, et affichent un sourire avenant dès le premier regard. Dommage, je n'ai pas le temps de faire plus ample connaissance, j'espère arriver à Istanbul dés demain matin. J'aurais alors à trouver un cargo pour Alexandrie, en espérant que ça ne me prendra pas trop longtemps… bien que la fatigue du voyage commence à se faire sentir, surtout dans les épaules, et qu'une pause dans un pays fourbi en hammam et masseurs énergiques me fera le plus grand bien !

Mais je peux déjà dire que la traversée de l'Europe, mis à part certaines routes étriquées, fut une formalité, et que cette partie ne peut en aucun cas différer le renouvellement de convois routiers pour Gaza par cet itinéraire.

À bon entendeur, salam !