PARIS-GAZA

Journal de bord n°17

30 octobre 2012

 

Hier soir, j'ai du mal me faire comprendre par le vendeur de kebab, je me suis retrouvé avec deux énormes assiettes de légumes pour accompagner deux malheureuses brochettes. L'enfant de la maison me regardant avec un sourire amusé… Et j'ai finit avec un café et une grande bouteille d'eau, qu'il me semble n'avoir pas demandé…je me souviens avoir dit oui quand le serveur m'a demandé si je voulais un grand café avec du sucre… enfin, c'est ce que j'avais compris…

 

La Turquie est un centre du monde. Pas seulement un pont qui ferait passer la culture de l'Orient à l'Occident, et vice-et versa, mais un chaudron qui bouillonne tout seul et diffuse de l'Orient à l'Occident.

 

L'autoroute d'Edrine à Istanbul est impeccable. Par contre Istanbul comptant à elle seule 13 millions d'habitants, l'entrée dans la ville est plutôt angoissante. Pas facile de surveiller une circulation à l'orientale et lire les pancartes turques en même temps, ça part dans tous les sens, mais, il y a un bon dieu pour les voyageurs, j'ai fini assez rapidement, et sans accrocs, par arriver là où je voulais, c'est à dire au port. Ou plus exactement, à un des nombreux ports d'Istanbul, le plus près de la vieille ville.

 

Une fois que vous avez réussi à vous frayer un chemin parmi les milliers de voitures et les millions de piétons, sans vous faire tamponner, et sans écraser personne, reste la grande énigme du stationnement… avec une remorque je n'en parle même pas. C'est pourquoi j'ai décidé d'aller directement au port, il y a en général des terminaux d'attente et je me suis dit que j'y trouverai de la la place. Bingo, j'ai pu m'arrêter sur le parking d'un petit marché au poisson le long de la côte. Mais ça ne pouvais être un stationnement durable ; J'ai demandé à un vendeur si je pouvais rester, et il m'a répondu en français…que non ! Mais m'a très gentiment indiqué un parking à camping-car 100 mètres plus loin. 20 euros la journée…ça me fera ma chambre d'hôtel. Mais il a l'avantage d'être clos, gardé, de fournir douche, toilettes et même une machine à laver gratuite ! Ça c'est un scoop que même le « Guide du routard » n'a pas ! Et sera fort utile en cas de convoi plus nombreux. En tout cas je ne bouge plus la voiture jusqu'à mon départ, Istanbul est un capharnaüm qui se visite à pied.

 

C'est donc garé dos à la mer et quasiment au pied de la Mosquée Bleue que je vais passer ma première nuit à Istanbul ! Ça pourrait sembler idyllique comme une carte postale, mais en fait, entre la mer, mon parking et la mosquée il y a un axe routier important et une voie de chemin de fer. J'ai investit dans des « bouchons-d'oreilles. » Istanbul n'étant pas du genre à se coucher tôt, voir à s'arrêter la nuit…Il fait d’ailleurs très doux, en bras de chemise toute la journée, et seulement un vent frais ce soir. Je vais finir par me croire en vacance !

 

Istanbul, Istanbul, que Gaza me pardonne, quelques djinns stanbouliotes m'ont fait flâner toute la journée…Mais il faut le voir pour le croire. Les souks plusieurs fois centenaires se succèdent les uns aux autres. On dit même que le « marché aux livres » s'est ouvert à l'époque de l'empire Romain de Constantinople ! J’essaierai de décrire tout ça demain.

 

Et les Mosquées…je ne vous raconte pas car je ne saurai trouver les mots… Comme si je n'avais jamais vu de mosquées avant ! Un peu comme celle de Sarjevo mais dix fois plus grandes avec des minarets dix fois plus haut. Des cathédrales dont l’intérieur est recouvert de faïences cinq fois centenaires !

 

Il doit falloir deux ou trois vies pour visiter tout Istanbul…je ferai ce que je peux dans le temps qui me sera permis. Et je dois faire gaffe à ne pas m'attarder, la vie est très chère en Turquie, j'ai payé mon premier café stanbouliote au prix parisien !

 

Je m’attelle dès demain matin à chercher, et trouver, un bateau pour l’Égypte.

 

Je fais bref ce soir car je ne suis pas dans une chambre d'hôtel connecté à internet, mais dans ma voiture sur un parking !…Je file poster ce journal à partir d'un cybercafé, et je m'étendrai un peu plus demain, inshallah !

 

Il paraît qu'Istanbul la nuit c'est pas mal non plus, je vais voir…

 

Une dernière chose, il ne faut jamais jurer…je n'ai toujours pas réparé me feux arrières !