Journal de bord n°42
Paris-Gaza…Paris
le 7 janvier 2012

Habib est rentré en Tunisie et j’attends sagement au Caire mon avion pour Paris, le 11, inshallah.

Ne roulant pas sur l’or j’écume la Place Tahrir dont je connais maintenant à peu près tous les recoins. J’ai collecté plus de 300 photos des graffitis et des fresques réalisés par les révolutionnaires, et j’essaie, pour le moment sans y arriver, de réaliser un diaporama visible sur Youtube… C’est que je ne suis pas informaticien et je n’ai pas encore trouvé le bon logiciel. Mais ça viendra !

J’ai également fait un tour au Centre Culturel Français du Caire et ils m’ont promis de mettre de côté des revues et livres pour enfants pour le Centre culturel et d’éducation de Beit Lahia. Ça part d’un bon sentiment, nous verrons s’ils tiennent parole…

La 3ème promenade qui me ravit est celle dans les souks autour de la mosquée Al Azhar. Je n’en ai pas vu le bout. Comme partout au Caire la foule est incroyablement nombreuse, se répandant partout comme l’eau. C’est oppressant au départ mais on s’y fait très bien.

Quant à la Mosquée Al azhar, elle entretien bien sa réputation de plus grande école théologique du monde sunnite. À certaines heures on y trouve autant d’étudiants, venus du monde entier, que de clients dans le souk ! Les asiatiques y sont aussi nombreux que les arabes… Toutes les coursives de la coure sont occupées par ces « talebs » assis ou étendus à l’orientale, seul ou en groupes de deux ou trois, étudiant silencieusement. La grande salle de prière, une des plus vastes qu’il m’ait été donné de voir durant mon voyage, est également pleine d’étudiants. L’ambiance studieuse et pieuse qui y règne est un ravissement.

Comme dit Habib, quitter Gaza laisse l’étrange impression de laisser derrière soi des gens enfermés. La liberté dont nous jouissons les uns les autres, qui nous paraît si naturelle, n’est pas le lot des gazaouis. Chacun doit le comprendre et le ressentir afin de mieux s’engager. Chaque fois que l’un d’entre nous parcourt une distance de plus de 30 kilomètres dans la même direction, il est un privilégié par rapport aux habitants de Gaza. Certains naissent vivent et meurent sans sortir de la Prison qu’est devenue la Palestine depuis 64 ans. Il faut le comprendre. Gaza et la Palestine toute entière compte environ 6 millions de gens privés de leur liberté la plus élémentaire par le joug du colonialisme européen.

Et c’est, de mon point de vue, la moindre des choses que de profiter de temps en temps de notre liberté pour aller leur rendre visite et les soutenir dans cette épreuve inqualifiable de l’enfermement et de l’oppression de tout un peuple.

Celui qui aime la neige par au ski, ce lui qui aime le soleil et la mer part dans les îles, celui qui aime la liberté doit aller à Gaza. C’est cela l’universalisme des droits de l’homme, les mêmes droits pour tous. C’est pour cela qu’il faut s’y rendre, tout autant pour manifester notre soutien au peuple que pour signifier à nos gouvernements, à nos médias, et à nos opinions publiques que cette situation est inqualifiable et doit changer, au nom des Droits de l’Homme.

Mon voyage et ceux de tous les activistes montrent que ce n’est pas dangereux de se rendre à Gaza. Tous le monde en revient à condition de ne pas se confronter directement aux nazis israéliens. Seuls deux activistes étrangers sont morts ces dix dernières années, Rachel Corrie l’américaine qui s’est portée courageusement devant un bulldozer qui détruisait une maison et Vittorio, italien résidant à Gaza pris au milieu d’un règlement de comptes entre Hamas et Fatah. Gaza est donc proportionnellement moins dangereux que Paris pour les étranger.

La propagande sioniste ne montre de Gaza que les période de bombardement afin de faire peur et d’empêcher toute volonté de s’y rendre, il faut passer outre et au contraire s’y rendre chaque fois que c’est possible pour constater que la résistance de la vie tient le haut du pavé ! Qui veut rencontrer un peu fier et humble à la fois, résistant et en paix, emprisonné et libre, qui veut recevoir des leçons de vie, doit se rendre à Gaza.

Souvent les militants pour la paix, le droit et la justice en Palestine sont accusés d’être des « antisémites » car ils refusent l’existence de la colonie à caractère juif. Les colonialistes juifs voudraient inverser l’accusation de nazisme dont ils sont eux-même coupables, et annihiler toute opposition à leurs grands crimes en disqualifiant celle-ci par une accusation trompeuse. Bien qu’il ne soit pas très compliqué de comprendre que refuser le colonialisme, en général, fait preuve d’un humanisme profond. Et même, au contraire de ces accusations trompeuses, les palestiniens étant d’authentiques sémites, ce qui n’est pas le cas des juifs d’Europe, la lutte pour l’existence d’une Palestine libérée du colonialisme européen est un engagement totalement « pro-sémite. »

Cette accusation d’antisémitisme est une manipulation des esprits afin de disqualifier toutes critiques et résistances à leur projet colonial. Et n’a de portée dans les esprits que grâce à la corruptions des gouvernements et des médias occidentaux qui la relaient. C’est aussi cela la collaboration de nos journalistes.

La résistance armée contre l’invasion est un droit pour les palestiniens comme pour tout les peuples, et la résistance pacifique active est un devoir pour les citoyens occidentaux. Nul n’est en mesure de conseiller les palestiniens sur la meilleur façon de se défendre par les armes, ils le font très bien, cet article n’a pour vocation que d’inciter les citoyens européens à la résistance pacifique active ; La désobéissance civile de la migration vers Gaza.

Les gouvernements occidentaux et orientaux soutenus par les médias à la botte s’évertuent à écarter le citoyen de l’idée de se rendre à GAZA. Il faut donc y aller afin de soutenir concrètement la revendication légitime d’un état souverain palestinien. Si d’aventure des dizaines de milliers de français, par exemple mais c’est valable pour tous les pays, convergeaient chaque année vers Gaza au péril (relatif) de leur vie, dépensant leurs biens et leurs temps libres à cet effet, l’idée même de blocus s’effondrerait d’elle-même. Si les palestiniens de Gaza ont acquis la puissance armée nécessaire pour repousser les agressions israéliennes, ils n’ont pas celle de briser le blocus. Par contre les citoyens occidentaux et du monde ont cette puissance non-violente en leur pouvoir.

Chaque étranger qui passe la frontière égypto-gazaouie brise le blocus pacifiquement. Briser le blocus est un acte de résistance. Et seul le nombre fera effet. C’est pourquoi les français doivent se mobiliser pour organiser des campagnes régulières et permanentes en directions de Gaza. Les associations doivent cesser leurs dissensions et leurs concurrences contre-productives afin de partager leurs expériences, leurs contacts, leurs réseaux et leurs logistiques aux volontaires.

C’est un devoir pour chacun qui se dit humaniste. UN DEVOIR ! Il faut sortir du discours et de la manifestation stériles, car non pris en compte par nos gouvernements collabos, et passer à l’action. Le citoyen doit avoir en conscience que le fait de s’engager pour Gaza l’emmène sur le chemin réel et sensé des « Justes » de son siècle.

Il est désormais possible de rejoindre Gaza par la porte de Rafah ou par les tunnels, en groupe ou tout seul. Pour toute information concernant les groupes, informez-vous auprès « d’Europalestine » qui revient de Gaza, de « Baraka City » ou de « Perle d’Espoir, » associations françaises qui ont ouvert des bureaux sur place, et pour les initiatives individuelles je suis prêt à donner tous les renseignements utiles pour faciliter le voyage.

Quant à ceux qui ne peuvent pas marcher sur Gaza qu’ils n’hésitent pas à financer ceux qui le font, et surtout surtout , qu’ils participent activement au boycott d’Israël, et au soutien de l’artisanat palestinien dont on trouve de plus en plus d’articles en France. La résistance économique est une bataille politique où chaque euros se compte.

Je ne peux conclure cet article sans rappeler qu’il y a dans le petit village de Beit Lahia de la bande de Gaza, comme un petit village gaulois résistant à l’impérialisme romain, un petit centre culturel d’éducation et de perfectionnement pour enfants, tenu par des femmes, qui ont besoin de tout. De matériel et d’argent, afin de recevoir les enfants les plus pauvres.

Je suis à la recherche de matériel de projection et audio, de livres pour enfants et d’argent sonnant et trébuchant pour financer du mobilier, des sorties, soutenir les professeurs et payer le loyer. L’inscription d’un enfant coûte 200 euros par an. Le fonctionnement du centre coûte environ, loyer et salaire des professeurs 12 000 euros par an.

Il faut bien comprendre, comme le dit Nabila dans la vidéo ci-dessous, que l’éducation des enfants est la seule chose que ne peuvent pas détruire les israéliens. Chaque euro investit dans l’éducation des enfants participe à la résistance. 12 000 euros c’est beaucoup et si peu à la fois. Que 100 personnes s’engagent à verser dix euros par mois, et le problème est réglé…

Ainsi sera bientôt créée, à mon retour en France, l’association des « 100 amis des enfants de Beit Lahia »